Les notions de commerce incluent le troc, cet échange sans monnaie, l'approvisionnement et l'écoulement, les deux fonctions du commerce et la balance des paiements, cette comptabilité des échanges mondiaux.
Le troc implique deux produits différents, par leur nature et par leur valeur économique dans l'une ou l'autre des deux sociétés. La tribu "A" offrait donc un produit en abondance chez elle, rare chez son voisin "B", qui en avait besoin et qui offrait, en retour, un produit abondant chez lui et rare chez l'autre. Les deux groupes y gagnaient, leur rareté relative diminuant et leur abondance inutilisée servant à l'échange.
Avec le troc, nous pouvons comprendre ce qui constitue l'essentiel de la valeur d'échange. En effet, le produit en abondance chez l'une ou l'autre tribu n'a que peu de valeur pour eux, s'entend n'a que peu de valeur d'usage, puisqu'il est en surplus. Les membres de la tribu ont déjà leur part, par conséquent, n'ont que peu d'utilité pour l'excès et ils peuvent s'en passer. La valeur d'usage est faible, presqu'inexistante. Par contre, la valeur du produit, en abondance chez l'autre et recherché par telle tribu, est importante pour celle qui en manque. C'est la valeur d'échange.
Nous avons ici une valeur d'échange supérieure à une valeur d'usage, dans deux cas parallèles. Ce principe est la base d'un troc satisfaisant. La valeur d'échange suit le besoin de l'autre groupe et se réalise par le commerce. Si un seul bien est en cause, il y a tendance, chez la tribu en besoin, à faire la guerre pour obtenir le bien recherché et refusé. L'échange, dans cette situation, se produit selon les aléas de la bataille.

A l'époque de la navigation à voile, ou avant, l'approvisionnement était une tâche vitale. Il fallait assurer à la ville des provisions, de bouche et autres, pour que les besoins des citoyens soient satisfaits. En cas de manquement grave, c'était la famine, fréquente à l'époque; l'alternative était l'organisation militaire, dont l'objectif était de répondre aux besoins pressants par d'autres moyens.
Aujourd'hui, l'approvisionnement a dépassé les cadres des besoins essentiels. Les matières stratégiques, comme le pétrole, les métaux de base, les ressources naturelles en général ou l'ensemble des matières premières forment la base de l'approvisionnement mondial.
De nos jours, la Terre semble être dans une période de surproduction, autant de biens alimentaires qu'en biens divers. Mais l'abondance a toujours été relative et certaines régions du globe vivent dans la misère, la famine et la pauvreté totale. Notre environnement d'abondance n'est pas la règle générale.
Avec les changements récents dans les relations commerciales mondiales, soit depuis 1980, il semble que les pays les plus importants ont décidé de changer leur approche et de considérer que l'abondance existe et que les pénuries sont le fait du passé. La fin de la guerre froide leur fait croire que leurs vues sont réelles, mais la pauvreté existe encore sur la terre, me semble-t-il.
Aujourd'hui, le monde voit se construire des réseaux mondiaux de distribution, contrôlés par plusieurs sociétés multinationales interreliées. Même la publicité fait maintenant partie du processus de "production".
Pour se débrouiller dans le dédales de ces statistiques, il faut connaître quelques conventions. D'ailleurs, un texte de discussions présente l'ensemble des balances.
La première convention concerne la direction des paiements. Lorsqu'un paiement entre dans un pays, c'est un plus à la balance des paiements de ce pays. Lorsque le paiement quitte ce pays, c'est un moins. Les sommes qui sont enregistrées du côté positif sont les entrées consécutives à des ventes, des exportations, des dividendes et intérêts reçus de placements à l'étranger, de même que les paiements sans autres attaches. Les sommes qui ont enregistrées du côté négatif sont les sorties pour payer nos importations, les intérêts et dividendes aux étrangers, nos touristes qui se promènent dans les pays chauds et le transport par des camions, bateaux ou avions étrangers, de même que les paiements sans autres attaches. Le solde de la balance des paiements montre si les plus l'emportent sur les moins, ou l'inverse; on a alors un solde positif ou négatif.
Une autre convention touche l'objectif de la balance. Certaines personnes pourraient penser que le pays qui a une balance positive est favorisé. Mais ses voisins auront alors une balance négative, et ils voudront corriger leur situation par toutes sortes de mesures pour nous moins intéressantes les unes que les autres. Aussi, faut-il viser une balance équilibrée.
Il faut aussi distinguer certains paiements qui servent à payer les transactions réelles, physiques, telles les exportations ou le tourisme international, des transactions purement financières, comme les investissements étrangers. Ainsi, l'exportation d'amiante aux États-Unis rapporte des plus à la balance commerciale, comme exportation. Les frais de transport, si payés par l'acheteur à des transporteurs québécois, ajoute à ces plus au titre de frais de transport (parmi les invisibles) positifs. Cependant, les frais du camionneur (chambre, repas) et du camion (pétrole, réparations), sont des négatifs au titre du tourisme (toujours invisibles) lorsqu'effectués à l'étranger.
Du côté des capitaux, un investissement étranger
américain au Québec sera réputé être
une fuite des capitaux lorsque vu du côté américain.
Par ailleurs, tout investissement étranger doit être repayé
un jour, avec les intérêts en sus, tenant compte de la valeur
respective des devises à ce moment-là.
| Paiements | Côté positif | Coté négatif |
| Balance courrante:
Balance commerciale Balance des invisibles |
x | x |
| Balance des capitaux | x | x |
Ces dernières convention font que la balance des paiements comprend en trois niveaux:
A ce sujet, la revue PME a publié un magnifique article, signé George Vigny, dans sa livraison d'avril 1997 pour inciter les PME à exporter davantage et surtout leur fournir des informations très utiles.
Finalement, ajoutons les pensions payées à des non-résidents, par exemple, et les sommes transférées par les individus qui ont travaillé à l'étranger ou qui immigrent, lesquelles forment le troisième niveau: c'est la balance des transferts, qui est intégrée à la balance des invisibles depuis quelques années par Statistiques Canada.
Le marché monétaire est de plus en plus actif, surtout depuis la crise monétaire internationale de 1971. La fluctuation quotidienne et instantanée des monnaies nationales, qui sont toutes flottantes, crée un marché très intéressant pour les spéculateurs internationaux, qui gèrent maintenant les finances internationales. Cela a créé un nouveau métier: le cambiste.
Les transferts de capitaux à long terme sont appelés investissements étrangers par le pays qui reçoit les capitaux et fuite des capitaux par le pays qui les voit sortir de chez lui. Il s'agit toujours des mêmes capitaux, vus d'en haut ou vus d'en bas!
Selon La Presse du 31 mai 1997, depuis plusieurs années, le Canada est devenu un pays exportateur de capitaux. Deux causes: la disparition des déficits des gouvernements et la vigueur des exportations. N'ayant plus besoin d'importer de scapitaux pour se financer, le Canada voit sortir ses capitaux, attirés par des taux d'intérêt supérieur à l'extérieur du pays.
Par ailleurs, les entrées de capitaux dans certains pays en voie de développement ne sont pas contrôlés et ces pays font face à des problématiques dangereuses pour leur équilibre et leur croissance à long terme (voir Finances & Développement, mars 1997). Les événements de l'automne 1998 donnent raison à cet article prémonitoire.
Selon Jacques Benoit, dans La Presse du 31 mars 1999, le passif canadien diminue dans les investissements internationaux. Il est passé de $325 milliards, en 1997, à $323.6 milliards en 1998. Les investissements des canadiens à l'étranger ont donc augmenté un peu plus que les investissements des étrangers au Canada.
L'actif brut, ou les créances canadiennes, sont formés par les investissements directs, soit $240 milliards. Les placements dans les actions et les obligations ont été portés à $144 milliards. Les flux du marché monétaires sont aussi très importants, sans compter le recul du dollar canadien qui fait s'apprécier nos autres placements.
Toujours selon Benoit, le passif brut, ou les engagements canadiens, sont aussi formés des investissements directs des étrangers, soit $217 milliards. Les placements en obligation s'élèvent à $410 miliards, montant qui s'est formetement accru à cause de la dépréciation du dollar canadien, ces titres étant souvent libellés en devises étrangères.
L'inverse est vrai. Pour faire remonter une devise qui a tendance à baisser, la Banque du Canada vend des devises fortes: dollar américain, yens, marks, etc... pour acheter les dollars canadiens dont plus personne ne veut; les dollars canadiens deviennent plus rares et la devise augmente de valeur.
La figure du commerce triangulaire ou commerce des esclaves

Le processus était simple. Un bateau partait d'Europe chargé de vivres et de pacotilles diverses. A sa première escale, en Afrique, il chargeait des esclaves. A sa destination, il livrait ces exclaves aux grands producteurs d'Amérique et chargeait alors les produits des colonies, tel le rhum, le sucre et le coton, pour les rapporter à son port d'attache, en Europe.
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Mis à jour le 18 octobre 2001