La question du libre-échange est une question vieille comme le monde, mais aussi une question très actuelle et récente. La philosophie du libre-échange s'oppose, à l'origine, au protectionnisme.
Les physiocrates vivaient au XVIIIe siècle et leurs principal représentant fut Quesnay, un français qui publia un tableau économique, repris par Leontieff au XXe siècle. On a donné pour la première fois aux physiocrates, un peu par dérision, le nom d'économiste, mot qui a une meilleure réputation aujourd'hui.
Le protectionnisme fait référence à un besoin d'enracinement des humains, jadis nomades et aujourd'hui sédentaires. Gilles Vigneault a repris un fable d'Ésope dans sa chanson Le laboureur et ses fils. Sentant sa fin venir, le vieux laboureur fait venir ses fils près de lui et leur dit qu'il y a un trésor dans le jardin. Aussitôt le père mort, les fils sautent sur les bèches, pioches... pour travailler le jardin qui, à la récolte, donna de magnifiques produits: la richesse est dans l'huile de bras!
Le libre-échange, pour ses opposants, fait perdre un très grand nombre d'emplois, surtout dans les secteurs les plus faibles, et enlève à la nation la plus faible du contrôle sur son économie.
Voyons un peu les expériences canadiennes en libre-échange. Les expériences des autres pays seront considérées au prochain chapitre, où il est question principalement de commerce mondial.
Si le libre-échange est devenu populaire dans les discussions d'économistes, il ne faut pas oublier que c'est une idée vieille comme le monde et que certaines périodes antérieures ont déjà fait parler d'elle à cause de ce sujet.
Le Traité de Libre Échange est entré en vigueur le premier janvier 1989. Actuellement, il est trop tôt pour évaluer l'impact global du Traité. Cependant, les effets néfastes prévus se sont présentés et il nous reste à attendre les effets positifs, s'il en est!
Claude Picher, dans La Presse du 12 décembre 1998, analyse les dix premières années du Traité. Selon lui, les emplois créés ne peuvent pas être attribués seulement au Traité, mais contredisent les catastrophes prédites par les opposants. L'augmentation des exportations, au contraire, semble due principalement au Traité, parce que nos exportations aux USA sont passées de 103 à 262 milliards annuellement, vs 35 à 50 pour les autres destinations. Un autre avantage relevé par Picher est le tribunal d'arbitrage bi-latéral avec les USA; ce tribunal penche du côté canadien,nous donnant généralement raison contre notre partenaire. Les USA n'ont pas accordé ce tribunal au Mexique!
Une conférence vient de se tenir à Toronto, en juin 1999, pour commémorer le dixième anniversaire du traité de libre-échange.
Son implication augmentera sur les dix premières années d'implantation. L'ALENA est un simple traité d'échange entre deux pays, les trois pays de l'ALENA ayant signé trois traités bilatéraux entre eux, deux à deux. Un seul mécanisme est prévu pour réunir les trois pays et ce mécanisme est tout-à-fait consultatif: aucun tribunal d'arbitrage trilatéral, ni rien d'autre semblable.
Après cinq années, selon La Presse du 20 décembre 1998, reprenant l'analyse du Business Week, on remarque l'augmentation des exportations mexicaines, lesquelles ont remplacé Taiwan pour les importations américaines; d'ailleurs, à Taiwan, le salaire horaire atteint $6.11US vs $1.60US au Mexique. Un autre aspect visible est la Beetle de Volkswagen, entièerement produite à Puebla, Mexique, et vendue partout dans le monde, incluant l'Allemagne.
La ZLÉA sera l'aboutissement de tous les accords déjà signés entre l'un ou l'autre des pays d'Amérique, de l'Océan artique à la Terre-de-feu.
L'accord de libre-change entre le Canada et le Chili est signé depuis le 17 novembre 1996 et entré en vigueur le 2 juin 1997. L'Accord signé présente plusieurs avantages réciproques:
Les pays d'Amérique du Sud sont déjà réunis à leur niveau au niveau du Pacte andin, par exemple, regroupant la Bolivie, La Colombie, l'Équateur, le Pérou et le Vénézuéla.
L'association latino-américaine d'intégration (ALADI) vise les mêmes objectifs avec la plupart des pays d'Amérique du Sud, dont le Brésil et l'Argentine, du MERCOSUR.
Un exportateur argentin m'a déjà confié que pour exporter de son pays, il fallait une quarantaine de pemissions gouvernementales. Imaginez les permisions requises pour y importer des produits de chez nous?
Signée en 1996, l'entente avec Israel a été très profitable à notre partenaire, avec un surplus pour lui et un déficit pour nous de $75 millions, soit le double de l'année précédente. En 1993, le niveau des échanges était de $150 millions dans les deux sens, avec un équilibre. Maintenant, nos importations ont augmenté plus rapidement que nos exportations. Certains espoirs pointent à l'horizon: un Challenger de Bombardier pour 20 millions, 50 millions à Northern Telecom pour des équipements militaires et une autoroute de $1.1 milliard par Canadian Highways International.
J'ajoute aussi d'autres ententes "régionales" signées entre d'autres pays, excluant le Canada:
Retour au début
de la page
La suite logique avec les théories
Retour à la carte
du chapitre
Mis à jour le 18 octobre 2001