Le commerce international et le libre-échange
Le protectionnisme
Le libre-échange
Le libre-échange au Canada
Le Traité de Réciprocité
Sir Wilfrid Laurier
Le Pacte de l'Automobile
Le Traité de Libre-Échange
L'Association de Libre-Échange Nord-Américaine
La zone de Libre-Échange d'Amérique
D'autres ententes de libre-échange 

La question du libre-échange est une question vieille comme le monde, mais aussi une question très actuelle et récente. La philosophie du libre-échange s'oppose, à l'origine, au protectionnisme.

Le protectionnisme

Le protectionnisme ou la physiocratie est une philosophie du labeur, du terroir et du travail. Contrairement au libre-échange qui prétend ouvrir les frontières, le protectionnisme les ferme ou élève des barrières au commerce.

Les physiocrates vivaient au XVIIIe siècle et leurs principal représentant fut Quesnay, un français qui publia un tableau économique, repris par Leontieff au XXe siècle.  On a donné pour la première fois aux physiocrates, un peu par dérision, le nom d'économiste, mot qui a une meilleure réputation aujourd'hui.

Le protectionnisme fait référence à un besoin d'enracinement des humains, jadis nomades et aujourd'hui sédentaires.  Gilles Vigneault a repris un fable d'Ésope dans sa chanson Le laboureur et ses fils.  Sentant sa fin venir, le vieux laboureur fait venir ses fils près de lui et leur dit qu'il y a un trésor dans le jardin.   Aussitôt le père mort, les fils sautent sur les bèches, pioches... pour travailler le jardin qui, à la récolte, donna de magnifiques produits:  la richesse est dans l'huile de bras!

Le libre-échange

Le libre-échange, ou libéralisme, est une philosophie commerçante, alors que le protectionnisme est une philosophie du terroir, du labeur, de la colonisation et de la production.  Le libre-échangiste croit que la richesse provient du commerce, alors que le protectionniste la veut à partir de la sueur de son front. Le libre-échange, selon ses tenants, favorise le consommateur en baissant les prix (abolition des douanes) et en offrant un plus grand choix de produits.  Il favorise les producteurs par des revenus plus élevés pour ceux qui profitent du commerce international.  Il favorise les secteurs les plus compétitifs par leurs prix et la qualité de leurs produits.

Le libre-échange, pour ses opposants, fait perdre un très grand nombre d'emplois, surtout dans les secteurs les plus faibles, et enlève à la nation la plus faible du contrôle sur son économie.

Voyons un peu les expériences canadiennes en libre-échange.  Les expériences des autres pays seront considérées au prochain chapitre, où il est question principalement de commerce mondial.

Le libre-échange au Canada

Au Canada, depuis quelques années, le libre-échange est porté par un parti Tory, le parti progressiste-conservateur, alors que le protectionnisme a été la philosophie du parti libéral de Pierre-Elliot Trudeau, continuée par Turner et Chrétien, soit une sorte de nationalisme à la canadienne. Dans les textiles, par exemple, les conservateurs ont commencé à relâcher les barrières, que Trudeau ne levait jamais longtemps.

Si le libre-échange est devenu populaire dans les discussions d'économistes, il ne faut pas oublier que c'est une idée vieille comme le monde et que certaines périodes antérieures ont déjà fait parler d'elle à cause de ce sujet.

Le Traité de Réciprocité

Au siècle précédent, un Traité de Réciprocité fut signé entre la Grande-Bretagne, pour ses colonies d'Amérique du Nord, et les États-Unis d'Amérique. Signé en 1854, le Traité fut dénoncé par les États-Unis immédiatement après la fin de la guerre de sécession, comme concession du Nord pour le Sud.

Sir Wilfrid Laurier

Au tournant du siècle, c'est Laurier qui se mit en lumière avec son projet de traité d'échange avec les Américains. Cependant, il fut battu aux élections avant de mener son projet à terme et le projet fut abandonné pour près d'un siècle.

Le Pacte de l'Automobile

Finalement, les deux puissants voisins finirent par s'entendre pour signer, sous Kennedy et Pearsons, un traité de libre-échange sectoriel en 1966: le Pacte de l'Automobile. Celui-ci permit une restructuration de l'industrie américaine de l'automobile par une spécialisation de la production et le Canada hérita d'une partie de l'assemblage, alors que les Américains gardèrent la fabrication des pièces, partie de l'industrie qui est la plus rentable.

Le Traité de Libre-Échange

L'automne 1987 a vu se concrétiser une entente de principe entre les deux pays pour une augmentation du commerce international entre eux et une augmentation des barrières envers les pays tiers. Les japonais ont d'ailleurs répondu à cette entente par un retrait massif de leurs investissements, qui précéda d'à peine quinze jours la crise boursière d'octobre 1987 et la chute du dollar américain pour une longue période.

Le Traité de Libre Échange est entré en vigueur le premier janvier 1989.  Actuellement, il est trop tôt pour évaluer l'impact global du Traité. Cependant, les effets néfastes prévus se sont présentés et il nous reste à attendre les effets positifs, s'il en est!

Claude Picher, dans La Presse du 12 décembre 1998, analyse les dix premières années du Traité.  Selon lui, les emplois créés ne peuvent pas être attribués seulement au Traité, mais contredisent les catastrophes prédites par les opposants.  L'augmentation des exportations, au contraire, semble due principalement au Traité, parce que nos exportations aux USA sont passées de 103 à 262 milliards annuellement, vs 35 à 50 pour les autres destinations.  Un autre avantage relevé par Picher est le tribunal d'arbitrage bi-latéral avec les USA;  ce tribunal penche du côté canadien,nous donnant généralement raison contre notre partenaire.  Les USA n'ont pas accordé ce tribunal au Mexique!

Une conférence vient de se tenir à Toronto, en juin 1999, pour commémorer le dixième anniversaire du traité de libre-échange.

L'Association de Libre-Échange Nord-Américaine

L'Association de Libre-Échange Nord-Américaine (ALENA) comprend le Canada, les États-Unis et le Mexique. L'entente de principe a été conclue en août 1992. Le traité (3755 pages) est entré en vigueur dès janvier 1994.  Il s'applique sur quinze ans d'élimination de barrières au commerce.

Son implication augmentera sur les dix premières années d'implantation. L'ALENA est un simple traité d'échange entre deux pays, les trois pays de l'ALENA ayant signé trois traités bilatéraux entre eux, deux à deux.  Un seul mécanisme est prévu pour réunir les trois pays et ce mécanisme est tout-à-fait consultatif: aucun tribunal d'arbitrage trilatéral, ni rien d'autre semblable.

Après cinq années, selon La Presse du 20 décembre 1998, reprenant l'analyse du Business Week, on remarque l'augmentation des exportations mexicaines, lesquelles ont remplacé Taiwan pour les importations américaines;  d'ailleurs, à Taiwan, le salaire horaire atteint $6.11US vs $1.60US au Mexique.  Un autre aspect visible est la Beetle de Volkswagen, entièerement produite à Puebla, Mexique, et vendue partout dans le monde, incluant l'Allemagne.

La Zone de Libre-Échange d'Amérique

L'ALÉNA va devenir bientôt, la ZLÉA, réunissant,en plus des trois pays originaux, le Chili et d'autres pays d'Amérique du Sud.  La ZLÉA comprend 34 des pays d'Amérique, soit tous les pays sauf Cuba, mis au ban à cause de sa philosophie communiste.

La ZLÉA sera l'aboutissement de tous les accords déjà signés entre l'un ou l'autre des pays d'Amérique, de l'Océan artique à la Terre-de-feu.

L'accord de libre-change entre le Canada et le Chili est signé depuis le 17 novembre 1996 et entré en vigueur le 2 juin 1997.  L'Accord signé présente plusieurs avantages réciproques:

Selon Les Affaires du 23 novembre 1996, les exportations canadiennes au Chili étaient de $387 millions en 1995 et ses importations de $279 millions, en forte hausse;  voyons les vins chiliens sur les tablettes d'épicerie, par exemple.

Les pays d'Amérique du Sud sont déjà réunis à leur niveau au niveau du Pacte andin, par exemple, regroupant la Bolivie, La Colombie, l'Équateur, le Pérou et le Vénézuéla.

L'association latino-américaine d'intégration (ALADI) vise les mêmes objectifs avec la plupart des pays d'Amérique du Sud, dont le Brésil et l'Argentine, du MERCOSUR.

Un exportateur argentin m'a déjà confié que pour exporter de son pays, il fallait une quarantaine de pemissions gouvernementales. Imaginez les permisions requises pour y importer des produits de chez nous?

D'autres ententes de libre-échange

Le Canada a signé d'autres ententes particulières avec d'autres pays.

Signée en 1996, l'entente avec Israel a été très profitable à notre partenaire, avec un surplus pour lui et un déficit pour nous de $75 millions, soit le double de l'année précédente.  En 1993, le niveau des échanges était de $150 millions dans les deux sens, avec un équilibre.  Maintenant, nos importations ont augmenté plus rapidement que nos exportations.  Certains espoirs pointent à l'horizon:  un Challenger de Bombardier pour 20 millions, 50 millions à Northern Telecom pour des équipements militaires et une autoroute de $1.1 milliard par Canadian Highways International.

J'ajoute aussi d'autres ententes "régionales" signées entre d'autres pays, excluant le Canada:

Les accords régionaux prévus sont les suivants:


Retour au début de la page
La suite logique avec les théories
Retour à la carte du chapitre

Mis à jour le 18 octobre 2001