Avant la monnaie, c'était le troc, c'est-à-dire l'échange d'un objet contre un autre. Par exemple, le pêcheur pouvait échanger son poisson contre le morceau de viande d'un chasseur.
Certains objets ont été plus souvent utilisés dans les échanges. C'étaient surtout des objets plus utiles, comme le sel, ou des objets de luxe, comme des bibelots. Certains peuples ont eu comme monnaie le blé, chez les égyptiens, par exemple, ou le mouton, chez les éleveurs de moutons. Ainsi, le sel, le blé, le mouton ont été, tout à tour, monnaie chez les peuples primitifs.
La monnaie fiduciaire est donc tout produit qui remplit une fonction d'échange, de réserve et de mesure, en plus de sa fonction d'utilité propre.Ce n'est pas avant le vingtième siècle que la monnaie existe par elle-même, sans soutien physique: monnaie scripturale et cartes de débit. C'est la monnaie non convertible.
La monnaie de papier, ou monnaie fiduciaire, avait déjà été créée, mais elle supposait que la valeur des billets en circulation était toujours "couverte" par une valeur métallique dans les coffres de l'émetteur des billets. La couverture était de cent pour-cent!
Vint donc la première Grande Guerre mondiale, en 1914. Les besoins de monnaie préoccupaient maintenant les gouvernements belligérants, dont la capacité productrice de l'économie était vitale pour espérer gagner la guerre. Il fut donc décidé, autant par les pays de l'Entente (France, Grande-Bretagne, etc) que par les Alliés (Autriche-Hongrie, Allemagne, etc), que les banques auraient le droit, momentanément, d'émettre plus de billets en circulation que leurs réserves ne leur permettaient, le tout pour financer l'effort de guerre et activer l'économie. Et la monnaie de papier permit d'activer l'effort économique militaire.
A la fin de la guerre, de 1919 à 1929, l'un après l'autre, les pays rappelèrent la monnaie excédentaire et la convertibilité des monnaies fut rétablie à une réserve de cent pour-cent.
Avec la reconvertibilité des monnaies en métal, or ou argent, la monnaie redevenait physique. La théorie quantitative de la monnaie prévalait seule. Le niveau des prix suivait le rythme de la production et de la consommation des métaux autant que de l'économie générale. L'économie était redevenue naturelle!
Les pays permirent alors aux banques, contrôlées par leur banque centrale, d'émettre de la monnaie fiduciaire non convertible, ou convertible à 50% ou même moins. La monnaie qui manquait tellement depuis plusieurs décennies se fit plus abondande et la dépression se termina avec la Deuxième Grande Guerre.
Les banques créèrent donc la monnaie scripturale sous la gouverne de leur banque centrale. Les premières expériences se firent un peu au hasard et les résultats enseignèrnet aux économistes comment manoeuvrer avec ce nouvel instrument si puissant.
Durant la deuxième Grande Guerre mondiale, de 1939 à 1945, le paysage économique et politique mondial changea. Les puissances européennes du siècle précédent cédèrent la place aux États-Unis et elles se firent moins importantes, ne possédant plus les moyens de maintenir leur système colonial.
Aujourd'hui, le système monétaire canadien est très imbriqué dans le système mondial. Toutes les monnaies flottent, c'est-à-dire que leurs valeurs respectives changent à chaque instant du jour. L'or n'est plus monétaire et les seules monnaies utilisées sont les monnaies nationales et quelques nouvelles monnaies internationales, comme l'Euro ou le D.T.S., que nous étudierons au quinzième chapitre.
En Amérique, cette monnaie n'a pas de masse parce que les transactions sont imputées immédiatement, à la seconde même, aux comptes respectifs du créditeur et du débiteur.
En Europe, avec la carte à puce, une certaine masse monétaire est constituée dans les dépôts dans la carte elle-même ou dans les mécanismes de réception des transactions, jusqu'au dépôt bancaire.
On peut imaginer qu'avec les années, la proportion de ces transactions électroniques augmentant, la masse monétaire très fluide diminuera d'importance, laissant toute la place à la monnaie de réserve ou d'épargne.
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Mis à jour le 13 octobre 2001