L'histoire de la monnaie
La monnaie avant les banques
La monnaie métallique
La monnaie fiduciaire
La monnaie fiduciaire convertible
La monnaie fiduciaire non convertible
Les banques centrales
La monnaie scripturale
Le Fonds monétaire international
La monnaie électronique

Avant la monnaie, c'était le troc, c'est-à-dire l'échange d'un objet contre un autre.  Par exemple, le pêcheur pouvait échanger son poisson contre le morceau de viande d'un chasseur.

La monnaie avant les banques

Depuis toujours, les humains ont voulu simplifier les échanges économiques et le meilleur moyen trouvé, tout au long de l'Histoire, est l'utilisation de la monnaie. Les premières monnaies consistaient en objets usuels facilement conservables ou renouvelables (les coquillages, les os particuliers, le cheptel ou les objets précieux).

Certains objets ont été plus souvent utilisés dans les échanges.  C'étaient surtout des objets plus utiles, comme le sel, ou des objets de luxe, comme des bibelots.  Certains peuples ont eu comme monnaie le blé, chez les égyptiens, par exemple, ou le mouton, chez les éleveurs de moutons.  Ainsi, le sel, le blé, le mouton ont été, tout à tour, monnaie chez les peuples primitifs.

La monnaie métallique
Les monnaies métalliques sont apparues en même temps que les premières forges.  Avec l'arrivée des métaux, la monnaie se fait métallique; de vil métal, elle se mute en métal précieux avec l'argent et l'or. Les rois y ont vu un élément de contrôle et se sont réservé très rapidement le monopole de la frappe de la monnaie.
La monnaie fiduciaire
Le papier-monnaie existait en Chine à l'époque des voyages de Marco Polo, premier européen à raconter ses voyages en Orient.  Cette monnaie de papier était toujours garantie par le trésor royal. L'autorité ne devait pas en abuser, faute pour le roi d'en perdre la tête!

La monnaie fiduciaire est donc tout produit qui remplit une fonction d'échange, de réserve et de mesure, en plus de sa fonction d'utilité propre.Ce n'est pas avant le vingtième siècle que la monnaie existe par elle-même, sans soutien physique: monnaie scripturale et cartes de débit.  C'est la monnaie non convertible.

La monnaie fiduciaire convertible
Avec le début du vingtième siècle, l'histoire de la monnaie devient plus vivante.  Les échanges avaient tellement augmenté, à la fin du dix-neuvième siècle, que le numéraire vint qu'à manquer.  Le commerce souffrit de ce manque de numéraire et les dirigeants cherchaient des moyens de corriger cette situation.

La monnaie de papier, ou monnaie fiduciaire, avait déjà été créée, mais elle supposait que la valeur des billets en circulation était toujours "couverte" par une valeur métallique dans les coffres de l'émetteur des billets.  La couverture était de cent pour-cent!

Vint donc la première Grande Guerre mondiale, en 1914.  Les besoins de monnaie préoccupaient maintenant les gouvernements belligérants, dont la capacité productrice de l'économie était vitale pour espérer gagner la guerre.  Il fut donc décidé, autant par les pays de l'Entente (France, Grande-Bretagne, etc) que par les Alliés (Autriche-Hongrie, Allemagne, etc), que les banques auraient le droit, momentanément, d'émettre plus de billets en circulation que leurs réserves ne leur permettaient, le tout pour financer l'effort de guerre et activer l'économie.  Et la monnaie de papier permit d'activer l'effort économique militaire.

A la fin de la guerre, de 1919 à 1929, l'un après l'autre, les pays rappelèrent la monnaie excédentaire et la convertibilité des monnaies fut rétablie à une réserve de cent pour-cent.

Avec la reconvertibilité des monnaies en métal, or ou argent, la monnaie redevenait physique.  La théorie quantitative de la monnaie prévalait seule.  Le niveau des prix suivait le rythme de la production et de la consommation des métaux autant que de l'économie générale.  L'économie était redevenue naturelle!

La monnaie fiduciaire non convertible
Mais la crise de 1929 éclata, malgré ce retour à la "nature".  Et le chômage fit ses ravages.  Les gouvernements durent de nouveau intervenir pour changer la nature "naturelle" de l'économie.  Ce fut l'époque de la Théorie générale de Keynes et l'institutionnalisation de la banque centrale.

Les pays permirent alors aux banques, contrôlées par leur banque centrale, d'émettre de la monnaie fiduciaire non convertible, ou convertible à 50% ou même moins.  La monnaie qui manquait tellement depuis plusieurs décennies se fit plus abondande et la dépression se termina avec la Deuxième Grande Guerre.

Les banques centrales

Certains pays possédaient déjà une banque importante:  Banque d'Angleterre, Banque de France, Federal Reserve Board...  Les autres pays créèrent de toutes pièces leur banque centrale, comme le Canada.  Tous lui attribuèrent le contrôle sur la monnaie et les banques;  ils instituèrent leur première politique monétaire.

La monnaie scripturale

Le président des États-Unis, Roosevelt, et le "New Deal" changèrent la façon de penser de l'américain moyen en donnant au gouvernement fédéral américain le droit de contrôler l'économie.  Et le premier ministre du Canada, MacKenzie-King, fit de même pour nous en créant la Banque du Canada en 1934.

Les banques créèrent donc la monnaie scripturale sous la gouverne de leur banque centrale.  Les premières expériences se firent un peu au hasard et les résultats enseignèrnet aux économistes comment manoeuvrer avec ce nouvel instrument si puissant.

Durant la deuxième Grande Guerre mondiale, de 1939 à 1945, le paysage économique et politique mondial changea.  Les puissances européennes du siècle précédent cédèrent la place aux États-Unis et elles se firent moins importantes, ne possédant plus les moyens de maintenir leur système colonial.

Le Fonds monétaire international

La monnaie continua d'évoluer avec la création du Fonds monétaire international, en 1944, et le dollar américain devint la première monnaie d'usage international.  Cette évolution fut favorisée par une période de grande croissance économique, qui débuta avec la fin de la guerre et se continua jusqu'à la Crise monétaire internationale d'août 1971.

Aujourd'hui, le système monétaire canadien est très imbriqué dans le système mondial.  Toutes les monnaies flottent, c'est-à-dire que leurs valeurs respectives changent à chaque instant du jour.  L'or n'est plus monétaire et les seules monnaies utilisées sont les monnaies nationales et quelques nouvelles monnaies internationales, comme l'Euro ou le D.T.S., que nous étudierons au quinzième chapitre.

La monnaie électronique

Avec les développements de la technologie, une nouvelle forme de monnaie a vu le jour peu après la Crise monétaire internationale.  Il s'agit de la monnaie électronique.

En Amérique, cette monnaie n'a pas de masse parce que les transactions sont imputées immédiatement, à la seconde même, aux comptes respectifs du créditeur et du débiteur.

En Europe, avec la carte à puce, une certaine masse monétaire est constituée dans les dépôts dans la carte elle-même ou dans les mécanismes de réception des transactions, jusqu'au dépôt bancaire.

On peut imaginer qu'avec les années, la proportion de ces transactions électroniques augmentant, la masse monétaire très fluide diminuera d'importance, laissant toute la place à la monnaie de réserve ou d'épargne.

Retour au début de la page
La suite logique avec la monnaie canadienne
Retour à la carte du chapitre

Mis à jour le 13 octobre 2001