Le schéma 
de l'économie nationale
Les fondements de l'économie nationale
L'épargne dans l'économie nationale
Le gouvernement dans l'économie nationale
L'intégration de tous les agents de l'économie nationale
Le contrôle de l'économie nationale
La banque centrale
La caisse centrale Desjardins
Les trois fonctions d'une banque centrale
La trésorerie fédérale
Les taux d'intérêt
L'économie nationale dans le monde
La circulation physique
La circulation monétaire
La balance des paiements

Il existe plusieurs autres façons d'aborder les grands schémas de l'économie nationale.  Ces schémas nous indiquent comment chacun des agents économiques est intimement lié aux autres et quels sont ces liens qui les unissent.  Pour illustrer l'affirmation précédente, le schéma du professeur Jean-Marie Albertini nous montrera d'un seul coup d'oeil tous les agents économiques que nous avons vus jusqu'ici.

Ce schéma de l'économie nationale est très captivant, présentant toute l'économie nationale dans ses principales composantes et avec ses relations extérieures.

Il présente d'abord les producteurs-consommateurs, appelés ménages.  Les établissements s'y retrouvent, au centre des deux circulations physiques et monétaires, démontrant bien où toute l'activité économie commence.  S'y ajoutent le gouvernement, les institutions financières et la clé de voûte du système, la banque centrale.  Les relations extérieures y sont exprimées autant en termes physiques qu'en termes monétaires.

Les fondements de l'économie nationale

Commençons par les fondement de l'économie nationale.  Il nous faut une circulation physique, qui commence par les biens de production et les biens de consommation (B&S) rendus disponibles au marché.

Le schéma des fondements de l'économie nationale

La circulation monétaire est aussi nécessaire.  Nous aurons donc les revenus (R) et les dépenses (DC) des ménages.

L'épargne dans l'économie nationale

Introduisons maintenant le marché financier dans l'économie nationale.

Le schéma du marché financier dans l'économie nationale

D = Dépôts des établissements et des ménages dans les institutions financières
P = Prêts des institutions financières
Le marché financier reçoit des ménages et des établissements l'épargne sous forme de dépôts de toutes sortes:  comptes d'épargne dans les caisses et les banques, certificats d'épargne, police d'assurance, etc...

En retour, il prête ces sommes en prêts à la consommation pour les ménages et en prêts commerciaux et industriels pour les établissements.

Le gouvernement dans l'économie nationale

Introduisons maintenant le gouvernement dans l'économie nationale.  Le gouvernement perçoit des taxes et impôts (T&I) provenant des ménages et des établissements.

Le schéma du gouvernement dans l'économie nationale

Il octroie des subventions (S) aux établissements, alloue les paiements de transfert (T) aux ménages et dépense (DG) sur le marché pour payer sa consommation de produits et services innombrables requis pour assurer le bien public.

L'intégration de tous les agents de l'économie nationale

Intégrons maintenant tous ces agents.  D'abord, les fondements de l'économie nationale avec le revenu et la dépense dans la circulation monétaire et les produit et service dans la circulation physique.

Le schéma intégré de l'économie nationale

Ajoutons la finance, avec les dépôts et les emprunts des ménages et des établissements.  Puis, le gouvernement, avec les taxes et impôts payés par les ménages et les établissements, qui reçoivent en retour les subventions et paiements de transfert;  le gouvernement dépense aussi directement sur le marché.

Le contrôle de l'économie nationale

Voilà constituée toute notre économie nationale.  Mais qu'est-ce qui la contrôle?  Il nous faut ce mécanisme de contrôle infaillible pour assurer une stabilité à l'économie.  Les anciens accordaient ce rôle à la main invisible.  La "Crise" de 1929 a fait changé bien des opinions sur ce sujet.  Par contre, le gouvernement veut assumer ce rôle;  mais qui accepte de laisser aux politiciens le contrôle ultime de l'économie?

La banque centrale

C'est John Maynard Keynes, un économiste britannique, qui nous a orientés vers la banque centrale comme mécanisme de contrôle, via la masse monétaire et les taux d'intérêt, sur l'ensemble de l'économie nationale, en conjonction avec les politiques du gouvernement central.  Aujourd'hui, chaque pays, ou presque, possède sa banque centrale et ses politiques monétaires;  les autres pays se lient à une banque centrale étrangère.

Le schéma du contrôle de l'économie nationale

Les américains, ne faisant rien à moitié, possède un réseau de douze "Regional Reserve bank", chapeauté à son tour par leur banque centrale, la "Federal Reserve Bank" (FED), à Washington.

Au Canada, nous ne possédons qu'une seule banque centrale très centralisée, la Banque du Canada.  Au Québec, quel serait la place d'une Banque du Québec dans un Québec indépendant?  Quel est le rôle exact de la Caisse centrale Desjardins?  Comment pouvons-nous concevoir l'une (la banque centrale du Québec) sans l'autre (la Caisse centrale Desjardins)?  C'est une question à discuter.

La caisse centrale Desjardins

Comparons la Caisse centrale Desjardins à une banque centrale pour des banques à charte.  Disons, en débutant, que la comparaison cloche, parce que la Caisse centrale Desjardins ne peut pas créer de monnaie, pas plus que le Gouvernement du Québec, qui l'a institutionnalisée par une loi.

Par contre, en tant que caisse des caisses, elle joue un des rôles d'une banque centrale pour les fédérations de caisses, lesquelles jouent à leur tour ce rôle pour les caisses locales.  La Caisse centrale Desjardins possède près de cinq milliards d'actif.  Elle remplit deux fonctions auprès des Caisses et Fédérations (et auprès d'autres entreprises, coopératives ou non):  tout en recevant des dépôts de ces institutions, dépôts qui couvrent la compensation ou dépôts excédentaires, elles prêtent à celles qui manquent de liquidité temporairement.  Elle agit même comme courtier financier pour celles-ci.

Finalement, mentionnons que la Caisse centrale Desjardins fait partie d'un mouvement qui n'est pas soumis directement à la loi fédérale sur les banques, donc qui n'est pas soumis directement à la Banque du Canada.  Évidemment, Desjardins n'influence pas les taux d'intérêt canadiens plus que les autres institutions financières, mais l'autonomie du mouvement Desjardins est certes un phénomène qui mérite une attention particulière.

Les trois fonctions d'une banque centrale

Dans l'économie nationale, la banque centrale remplit trois rôles fondamentaux.
  1. Son premier rôle est monétaire:  elle doit créer la monnaie et en contrôler la circulation.
  2. Son second rôle est bancaire:  elle est la banque des banques, c'est-à-dire qu'elle contrôle les principales institutions financières.
  3. Son troisième rôle est financier:  elle le remplit en tant qu'agent financier du gouvernement fédéral.

La trésorerie fédérale

La Banque du Canada a comme fonction de contrôler la trésorerie du gouvernement fédéral et les liquidités des banques à charte du Canada. Cette fonction lui accorde donc une place privilégiée au sein du système économique, ce qui est le cas d'ailleurs pour toutes les banques centrales dans tous les pays.

C'est la Banque du Canada qui finance l'énorme déficit annuel du Gouvernement fédéral, en plus de gérer l'énorme dette fédérale canadienne de près de six cents milliards de dollars. Ce financement provient, par le biais des obligations, de tous les agents financiers de l'économie, mais surtout des Banques à charte.

Selon que l'une des deux entités (gouvernement ou banques) se retrouve avec des surplus ou des besoins de liquidités à court terme, la Banque du Canada éponge les surplus et comble les manques par le mécanisme des Bons du trésor.

Les taux d'intérêt

Son pouvoir de manoeuvre aboutit à la fixation du loyer de ces liquidités, soit le taux d'escompte.

Se pose aussi le cas où, sans problème immédiat de liquidité à l'intérieur du pays, la banque centrale intervient pour des fins purement monétaires. Entre autres, il peut s'agir d'une situation relative à la valeur internationale du dollar canadien.

Lorsque la Banque du Canada annonce le niveau du taux d'escompte, elle fixe, du même coup, les autres taux d'intérêt. Ceux-ci s'ajustent à la variation annoncée en même temps, dans le même sens et dans la même amplitude;  l'exactitude des ajustements varie selon la concurrence entre les institutions financières et le climat économique.

L'économie nationale dans le monde

Finalement, cette économie nationale ne peut pas fonctionner en vase clos, oubliant le monde extérieur.  La Chine de la Révolution culturelle s'est ouverte au monde depuis longtemps.  Les pays soviétiques commencent un long cheminement dans le même but.  Même l'Albanie semble être sortie de sa coquille.  Comment donc sont structurées les relations entre l'économie nationale et l'économie mondiale et globale?

Le schéma des relations de l'économie nationale avec le monde

  E = Exportations
  I = Importations
  IE = Investissement étranger
  FC = Fuite des capitaux

La circulation physique

Dans la circulation physique, les établissements nationaux exportent des produits vers le monde extérieur.  En retour, le marché national reçoit les importations internationales.

La circulation monétaire

Dans la circulation monétaire, notre économie nationale reçoit le paiement des exportations et paie les importations, donnant la balance commerciale.  En plus des exportations et importations physiques, les invisibles affectent aussi notre balance commerciale:  transport, tourisme, dividende et intérêt.  Finalement, la balance des capitaux est constituée par le marché monétaire, les investissements étrangers et la fuite des capitaux.

Nous avons ainsi une image systémique de l'économie nationale.  "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout circule",  comme disait Lavoisier.

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Mis à jour le 15 octobre 2001