Il existe plusieurs autres façons d'aborder les grands schémas de l'économie nationale. Ces schémas nous indiquent comment chacun des agents économiques est intimement lié aux autres et quels sont ces liens qui les unissent. Pour illustrer l'affirmation précédente, le schéma du professeur Jean-Marie Albertini nous montrera d'un seul coup d'oeil tous les agents économiques que nous avons vus jusqu'ici.
Ce schéma de l'économie nationale est très captivant, présentant toute l'économie nationale dans ses principales composantes et avec ses relations extérieures.
Il présente d'abord les producteurs-consommateurs, appelés ménages. Les établissements s'y retrouvent, au centre des deux circulations physiques et monétaires, démontrant bien où toute l'activité économie commence. S'y ajoutent le gouvernement, les institutions financières et la clé de voûte du système, la banque centrale. Les relations extérieures y sont exprimées autant en termes physiques qu'en termes monétaires.
Le schéma des fondements de l'économie nationale

La circulation monétaire est aussi nécessaire. Nous aurons donc les revenus (R) et les dépenses (DC) des ménages.
Le schéma du marché financier dans l'économie nationale

D = Dépôts des établissements et des ménages dans les institutions financièresLe marché financier reçoit des ménages et des établissements l'épargne sous forme de dépôts de toutes sortes: comptes d'épargne dans les caisses et les banques, certificats d'épargne, police d'assurance, etc...
P = Prêts des institutions financières
En retour, il prête ces sommes en prêts à la consommation pour les ménages et en prêts commerciaux et industriels pour les établissements.
Le schéma du gouvernement dans l'économie nationale

Il octroie des subventions (S) aux établissements, alloue les paiements de transfert (T) aux ménages et dépense (DG) sur le marché pour payer sa consommation de produits et services innombrables requis pour assurer le bien public.
Le schéma intégré de l'économie nationale

Ajoutons la finance, avec les dépôts et les emprunts des ménages et des établissements. Puis, le gouvernement, avec les taxes et impôts payés par les ménages et les établissements, qui reçoivent en retour les subventions et paiements de transfert; le gouvernement dépense aussi directement sur le marché.
Le schéma du contrôle de l'économie nationale

Les américains, ne faisant rien à moitié, possède un réseau de douze "Regional Reserve bank", chapeauté à son tour par leur banque centrale, la "Federal Reserve Bank" (FED), à Washington.
Au Canada, nous ne possédons qu'une seule banque centrale très centralisée, la Banque du Canada. Au Québec, quel serait la place d'une Banque du Québec dans un Québec indépendant? Quel est le rôle exact de la Caisse centrale Desjardins? Comment pouvons-nous concevoir l'une (la banque centrale du Québec) sans l'autre (la Caisse centrale Desjardins)? C'est une question à discuter.
Par contre, en tant que caisse des caisses, elle joue un des rôles d'une banque centrale pour les fédérations de caisses, lesquelles jouent à leur tour ce rôle pour les caisses locales. La Caisse centrale Desjardins possède près de cinq milliards d'actif. Elle remplit deux fonctions auprès des Caisses et Fédérations (et auprès d'autres entreprises, coopératives ou non): tout en recevant des dépôts de ces institutions, dépôts qui couvrent la compensation ou dépôts excédentaires, elles prêtent à celles qui manquent de liquidité temporairement. Elle agit même comme courtier financier pour celles-ci.
Finalement, mentionnons que la Caisse centrale Desjardins fait partie d'un mouvement qui n'est pas soumis directement à la loi fédérale sur les banques, donc qui n'est pas soumis directement à la Banque du Canada. Évidemment, Desjardins n'influence pas les taux d'intérêt canadiens plus que les autres institutions financières, mais l'autonomie du mouvement Desjardins est certes un phénomène qui mérite une attention particulière.
C'est la Banque du Canada qui finance l'énorme déficit annuel du Gouvernement fédéral, en plus de gérer l'énorme dette fédérale canadienne de près de six cents milliards de dollars. Ce financement provient, par le biais des obligations, de tous les agents financiers de l'économie, mais surtout des Banques à charte.
Selon que l'une des deux entités (gouvernement ou banques) se retrouve avec des surplus ou des besoins de liquidités à court terme, la Banque du Canada éponge les surplus et comble les manques par le mécanisme des Bons du trésor.
Se pose aussi le cas où, sans problème immédiat de liquidité à l'intérieur du pays, la banque centrale intervient pour des fins purement monétaires. Entre autres, il peut s'agir d'une situation relative à la valeur internationale du dollar canadien.
Lorsque la Banque du Canada annonce le niveau du taux d'escompte, elle fixe, du même coup, les autres taux d'intérêt. Ceux-ci s'ajustent à la variation annoncée en même temps, dans le même sens et dans la même amplitude; l'exactitude des ajustements varie selon la concurrence entre les institutions financières et le climat économique.
Le schéma des relations de l'économie nationale avec le monde

E = Exportations
I = Importations
IE = Investissement étranger
FC = Fuite des capitaux
Nous avons ainsi une image systémique de l'économie nationale. "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout circule", comme disait Lavoisier.
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Mis à jour le 15 octobre 2001