La démographie
L'accroissement naturel
La natalité
La fécondité
La mortalité
L'espérance de vie
La pyramide des âges
La dépendance
La participation au marché du travail
Les migrations
La démographie nuit à l'économie

L'évolution de la population se subit jamais de secousse rapide, sauf en temps de guerre ou d'épidémie. La population évolue lentement, c'est une loi de la nature.

Par contre, comme le présente Hélène Bégin dans Les Affaires du 5 décembre 1998, lorsque la population baisse, la production et la consommation tendent à baisser aussi.  C'est ce qui se passe actuellement, et depuis quelques décennies, au Québec vs le Canada.  La part québécoise du PIB canadien diminue au même rythme que sa part dans la population canadienne, comme le montre le graphique (mouvement Desjardins) attaché à son article, et ce pour les quarantes dernières années.

Toute l'évolution de la population peut se résumer dans une équation fort simple, l'équation démographique:  la population à un temps donné est la population au temps précédent, laquelle a varié, entre temps, selon l'accroissement naturel et la migration.

                        L'équation démographique
 

   P(t) = P(t-1) + {accroissement naturel} + {migration} 

L'accroissement naturel

L'accroissement naturel est une variable elle-même formée de deux composantes: les naissances et les décès.  C'est un nombre entier, qui peut être négatif, quoique le nom signifie!
 
Accroissement naturel  =  Naissances  -  Décès

L'accroissement naturel est donc la différence des naissances moins les décès.   Si le nombre ds naissances est plus grand que le nombre des décès, la population augmente.  Si les décès sont plus nombreux que les naissances, la population diminue.

Evidemment, chaque année ajoute une année d'âge à toute la population quoique la composition même de la population peut changer, malgré un accroissement naturel nul.

La natalité

Les spécialistes étudient les naissances par la natalité.  La natalité est un facteur qui fait rajeunir une population. Lorsqu'elle se voit forte, elle devient le signe d'un peuple vigoureux. Lorsqu'elle se voit faible, elle peut être la cause de la disparition d'un peuple.  La natalité québécoise faiblit:  qu'en est-il?

Le taux de natalité
 

                      Le nombre des naissances vivantes
   -------------------------------------------------------------
   Le dénombrement de la population totale (homme et femme) 

Le taux de natalité est cependant un piètre indicateur de la capacité d'un peuple de se régénérer, puisqu'il tient compte des hommes et des femmes, alors que seules les femmes peuvent enfanter!  Par ailleurs, ce taux implique la population entière, alors que l'enfantement se fait sur une courte période de la vie, à partir de la puberté jusqu'à la ménopause féminine.

Par contre, les naissances sont une réalité vraie!  Et le nombre des naissances a varié énormément au vingtième siècle.  Voici les statistiques des naissances trimestriellement depuis 1946, tant au Canada et qu'au Québec.  Je vous présente aussi un nouveau texte d'analyse sur les naissances. qui fait référence à un modèle économique basé sur les "bébés".

La mortalité

La mortalité est l'aboutissement de toute vie. La seule assurance dont un humain peut vraiment jouir est celle de mourir, éventuellement. La population évolue donc à partir de la naissance jusqu'à la mort de chaque individu, naturellement. Le taux de mortalité est l'indicateur qui démontre l'évolution de cette population étudiée.

Le taux de mortalité
 

    Le nombre de personnes décédées
    ----------------------------------- x 1000
              La population totale

Il peut se calculer par groupe d'âge, par sexe, pour tout groupe identifié de la population.  On change alors le numérateur par les décès considérés et le dénominateur par la population visée.

J'ai mis la main sur un tableau présentant la relaton entre le niveau d'alphabétisation des femmes adultes et la mortalité des moins de 5 ans dns 89 pays.  La date n'est pas donnée.  Une référence incomplète est donnée comme étant le Chapitre 16:  Population et développement humain!!!

Le graphique montre très clairement la relation directe entre les deux variables.  Est-ce qu'une relation de causalité peut en être déduite?  Non, parce qu'il y a beaucoup d'autres facteurs qui présentent probablement la même corrélation; par exemple, les revenus familiaux et la mortalité.  Mais c'est très illustrant des phénomènes de pauvreté et de sous-développement vs la mortalité, surtout la mortalité infantile.

La pyramide des âges

Une des représentations les plus typiques de la démographie est la pyramide des âges. C'est un tableau représentant une population et indiquant les deux sexes à l'horizontale et les différents groupes d'âge à la verticale.

Une pyramide d'âge régulière indique une population en croissance. Plus la pyramide est évasée, plus est grande la croissance naturelle de cette population. Par contre, plus la pyramide est ronde, moins la population croît naturellement. Une pyramide inversée indique une baisse éventuelle de cette population.

La baisse de la fécondité changera la structure des groupes d'âge. Cette réalité est déjà visible chez les moins de vingt ans. En l'an 2000, seront touchés tous les moins de quarante ans. Eventuellement, vers 2020, ou 2040, la population diminuera puisque les enfants qui ne seront pas nés à la fin du vingtième siècle ne pourront pas évidemment enfanter au vingt et unième siècle.

Le vieillissement de la population fait les manchettes depuis quelque temps. Deux facteurs sont en cause: l'augmentation de l'espérance de vie et la baisse du taux de natalité. S'il y a moins de naissances, le même nombre de personnes âgées hausse leur taux de dépendance; c'est un corollaire qui ne se relie pas à la vieillesse. Par contre, l'espérance de vie, qui augmente, a plusieurs conséquences.

Une de ces conséquences est l'augmentation du taux de dépendance. Si l'âge de la retraite n'est pas changé, le taux de dépendance démographique des personnes âgées passera de moins de dix, avant les années 1960, à plus de cent, au prochain siècle.

C'est une hypothèse que les gouvernements devraient nier bientôt sous les pressions du pouvoir gris lui-même. Le taux de dépendance économique passerait donc de douze à seulement cinquante, dû à la baisse de la main d'oeuvre.

Si la proportion des femmes continue d'augmenter sur le marché du travail, le taux de dépendance n'augmentera pas autant. Ce taux pourra même diminuer si le taux de participation des femmes sur le marché du travail augmente encore. En effet, le taux de participation des hommes diminue légèrement, à cause de la scolarisation plus longue et de la retraite anticipée. Celui des femmes augmente régulièrement depuis plus de trente ans, passant du quart, en 1960, à plus de la moitié, en 1985. Ce taux rejoindra éventuellement celui des hommes dans moins d'une génération, au tournant du siècle. Et la hausse cessera dès lors!

Quant au taux de scolarisation, il est toujours à la hausse. Au niveau collégial, il est passé de 11 à 17% pour les 17-24 ans, et de 19 à 31% chez les 17-20 ans, pour la période de 1975 à 1988. A l'université, le taux de scolarisation des 18-29 est passé de 7% en 1971 à 17% en 1988. Avec les besoins des entreprises et le frein sur les naissances, ce taux aura tendance à s'accroître pendant plusieurs décennie. La scolarisation collégiale dépassera bientôt les cinquante pour-cent, minimum!

La dépendance

L'accroissement naturel d'une population peut faire varier les groupes d'âge plus ou moins régulièrement, ce qui provoque des déséquilibres dans la pyramide d'âge.  Pour étudier ces débalancements aux extrémités de la pyramide d'âge, il faut utiliser les taux de dépendance.

Le taux de dépendance est une mesure de l'effort économique fourni par la génération des travailleurs qui soutiennent leurs enfants et leurs parents. Le taux de dépendance est le nombre de personnes dépendantes (jeunes ou vieux) divisé par le nombre de personnes qui les soutiennent (main d'oeuvre ou population totale), le tout multiplié par cent pour obtenir un pourcentage.

Le taux de dépendance des jeunes
 

   Nombre de jeunes de 0 à 25 ans
   ---------------------------------- x 100
   Nombre d'adultes de 25 à 65 ans

Le taux de dépendance des personnes agées
 

   Nombre de personnes agées de 65 ans et plus
   ----------------------------------------------- x 100
             Nombre d'adultes de 25 à 65 ans

Lors du "baby boom" d'après guerre (1945-1965), le nombre des naissances, au Québec, a atteint près de cent cinquante mille par année. Ces bébés sont devenus enfants et ont exigé plus de place de classe au primaire (fin des années 1950), au secondaire (années 1960), puis au collégial (début des années 1970). Ils ont terminé leurs études (1970), même universitaires (1980), et forment les travailleurs adultes, soit le coeur de la force de travail. Bientôt, ils prendront leur retraite! En 2030, le dernier aura soixante-cinq ans!

Durant la Révolution tranquille, le taux de dépendance des jeunes (nombre des jeunes divisé par la population active ou totale, multiplié par mille) a été à son sommet, étant près de cent.  En 1996, le taux de dépendance des jeunes est de 42%.  En 2050, selon les naissances à venir, il pourra être de 56% (fécondité de 1.2), de 49% (fécondité de 1.5) ou de 40% (fécondité de 2.1).

L'augmentation de l'espérance de vie, ajoutée à la baisse des naissances, fait hausser rapidement le taux de dépendance des personnes âgées. Parti d'environ 10% lors de la révolution tranquille, il se dirige allègrement vers les vingt-cinq. De plus, à la retraite des "baby boomers", au début du prochain siècle, le taux de dépendance atteindra des sommets inégalés depuis le début de la vie humaine sur la Terre.  L'ironie provient du fait que tout le monde désire vivre encore plus longtemps!
 

Le taux de dépendance des personnes âgées 
Selon les périodes Le taux
1850   5.2%
1900   8.3%
1950 12.6%
1996 19.0%
2000 19.8%
2035 38 % à 47 %
2050 40 %, 49 % ou 56 %

La participation au marché du travail

Si les taux de dépendance permettent d'analyser l'évolution des groupes d'âge aux extrémités de la vie, le taux de participation est un instrument pour mieux connaître le coeur de la population, la population active.

Sont dans la population active toutes les personnes qui travaillent et toutes celles qui se cherchent activement du travail. Les personnes en vacances ou malades pour une courte période ou congédiées pour une courte période ou en chômage saisonnier, etc... sont toutes de la population active. Mais ne sont pas de la population active les enfants, les étudiants, les ménagères, les personnes vivant en institutions ni les soldats.

Le taux de participation et le taux de chômage servent beaucoup pour analyser la population active. Le taux de chômage n'est pas un outil spécifique de la démographie, mais le taux de participation de la main d'oeuvre en est un important. Il est le résultat du nombre de personnes disponibles au travail divisé par le nombre d'individus dans la population totale. Il est aussi publié par sexe, par groupe d'âge ou par divisions territoriales plus petites. Il permet aussi d'analyser la population selon l'origine ethnique ou d'autres critères sociaux (l'origine raciale, la religion, l'urbanité).

Une partie de la population inactive est en relation très intime avec la main d'oeuvre; il s'agit de la population scolaire. Voici deux appellations populaires pour cette même réalité: la fréquentation scolaire et la scolarisation. Le taux de scolarisation est le nombre de personnes aux études, divisé par le nombre de gens dans la population totale, multiplié par cent. Le taux de scolarisation se calcule pour un groupe d'âge, pour un sexe, pour une région, pour une ethnie, etc...

La démographie nuit à l'économie

La part du Québec dans le PIB canadien s'étiole au même rythme que la part de sa population.  C'est la constatation d'Hélène Bégin dans Les Affaires du 5 décembre 1998.

On l'a vu avec les naissances.  C'est vrai aussi des migrations.  La part de la population québécoise est passée de 30% du Canada au sommet du "babyboom".  Elle est maintenant de moins du quart.

Pendant ce temps, la part du PIB québécois dans l'ensemble canadien est passé de près de 30% à moins du quart, lui aussi!

Les naissances diminuent.  les migrations internationales favorables sont contrecarrées par des migrations interprovinciales très défavorables.  Sans accroissement naturel ni aide migratoire, le Québec est destiné à voir sa part nationale s'étioler...  C'est sans retour!

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Mis à jour le 18 septembre 2000